Olivier Maire

ÉDITORIAL DE LA CROIX
Dominique Greiner, 11 août 2021
Hospitalité
    Que na-t on pas lu ou entendu depuis l’annonce, lundi matin, du meurtre du père Olivier Maire, alors même que les circonstances de ce drame sont encore inconnues à l’heure où nous écrivons ces lignes !
    Le religieux montfortain n’aurait certainement pas aimé que sa mort soit récupérée par une partie de l’échiquier politique pour alimenter des propos polémiques sur les migrations et les migrants.
    Il n’aurait pas davantage apprécié qu’on le soupçonne d’avoir fait preuve d’imprudence en offrant l’hospitalité à son meurtrier dont il savait les antécédents chargés. C’est une façon trop commode de jeter le discrédit sur des pratiques d’accueil dont sont coutumières de nombreuses communautés, souvent de manière discrète, et plus globalement sur le discours de l’Église catholique concernant les migrants — un enseignement plus riche et plus nuancé que celui qu’on lui prête souvent. Tout cela nous fait passer à côté d’un sujet essentiel : quel hébergement et quelle prise en charge notre société propose-t-elle à des personnes sortant de prison ou d’hôpital psychiatrique ? Combien se retrouvent à la rue, surtout si elles sont étrangères et n’ont pas de papiers ?
    En accueillant un homme en grande fragilité, les religieux montfortains de Saint-Laurent-sur-Sèvre ont endossé leur part de responsabilité. Ils n’ont pas disserté de manière abstraite sur les carences de nos Institutions. Ils ont été touchés par la souffrance d’une personne dans le besoin. Et c’est à la lumière de quelques lignes de l’encyclique Fratelli tutti, que l’on peut lire la mort prématurée du père Olivier : comme le bon Samaritain de la parabole, il est « parti sans attendre ni remerciements ni gratitude. Le dévouement dans le service était sa grande satisfaction devant son Dieu et sa conscience, et donc, un devoir ».
    Un devoir assumé jusqu’au bout qui interdit toute récupération idéologique

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